- A. Une zone peu profonde:
Cette partie qui couvre environ la moitié de l'étang, doit avoir une profondeur maximale d’environ 1 mètre de façon à ce que la végétation aquatique puisse y pousser facilement. Assurez-vous que la phragmite et la salicaire pourpre ne s'implantent pas car ce sont des espèces très envahissantes et dont la valeur
faunique est très limitée. - B. Une zone profonde:
Pour favoriser la sauvagine, cette deuxième partie doit avoir une profondeur maximale variant entre 1.5 à 2.0 mètres. Si vous désirez des poissons, cette zone doit avoir une profondeur de 2.5 à 3.0 mètres supplémentaires afin de permettre leur survie durant l’hiver.
Construction d'étang: Guide d'accompagnement
Avez-vous déjà songé à conserver ou à aménager sur vos terres, une dépression humide, un étang ou un petit lac peu profond?
Aménagement d'un étang déjà existant, quelques considérations pratiques avant de commencer
Généralement, plus la superficie de l’étang est grande et comporte des rives sinueuses, plus la fréquentation par les canards est élevée. Un profil d’étang varié, offrant des zones d’eau profonde et peu profonde, permet l’implantation d’une végétation submergée et émergente, qui servira de nourriture et d’abri à la faune.
Idéalement, l'étang devrait être constitué de 50% d'eau libre et de 50% de plantes aquatiques. L'abondance d'invertébrés et la présence de bandes riveraines herbacées influencent également la sélection des étangs par la sauvagine.
On peut améliorer un étang en y apportant une variété de configurations et de profils.

Création d'un étang
1. Le choix du site
Optez pour aménager votre étang dans:
• un endroit naturellement humide;
• une dépression afin de favoriser une meilleure accumulation de l'eau.
2. Le type de sol
L'imperméabilité du sol demeure la qualité fondamentale. Une couche imperméable d'un minimum de 2 pieds d'argile est requise pour prévenir les pertes d'eau par infiltration sinon l'étang pourrait s'assécher. Assurezvous que la même texture de sol se retrouve en-dessous de toute la superficie de votre étang. Les sols argileux ou limoneux retiennent mieux l’eau et sont beaucoup plus imperméables que les sols graveleux, sablonneux ou calcaires.
3. L’approvisionnement en eau
L’eau peut provenir d'une source naturelle, des eaux de ruissellement (eaux de pluie ou de neige), d'un puits de surface ou artésien ou d'une combinaison de ces sources. Si l’approvisionnement provient uniquement des eaux de ruissellement des champs voisins, il faut s’assurer que l’étang n’agisse pas comme une trappe écologique en concentrant les pesticides et les fertilisants chimiques. Il est alors conseillé de mettre en place en amont de l'étang, un fossé collecteur colonisé entièrement par de la végétation émergente, assurant ainsi le maximum de rétention, de neutralisation et de fixation de ces produits. Il est important de faire analyser la qualité de l'eau afin de déterminer si celle-ci présente certaines limitations pour la survie de la faune (poisson).
4. Les principaux types d'étangs
Deux types :
• endigué, où l’eau s’accumule derrière une digue de terre ou un barrage ;
• creusé, souvent construit en terrain plat ou dans une dépression naturelle.
La combinaison de ces deux techniques offre de nombreuses possibilités d'aménagement.
5. Les formes de l’étang
On doit favoriser la mise en place de rives sinueuses naturelles pouvant être combinées à différentes formes d’étangs, ce qui permettra un meilleur isolement pour les couples et les couvées de canards.
6. Les profondeurs
Les étangs aménagés pour les canards, les grenouilles, les tortues et autres espèces semiaquatiques sont moins profonds que ceux réalisés pour les poissons. Deux zones sont recommandées :

7. Les pentes et structures de contrôle du niveau d'eau
Le profil des pentes recommandé est de 1:3 du côté de l'étang et de 1:2 du côté extérieur. La stabilité des pentes et l'implantation de la végétation aquatique seront ainsi assurées. Le déblai peut servir à l’élaboration d'une digue de terre qui servira maintenir le niveau d'eau de l'étang. Il peut aussi être étendu en périphérie du site de façon à faciliter l'ensemencement d'un mélange de graminées et de légumineuses.
Il est également possible de construire des îlots de repos pour la faune avec les matériaux excavés.
Il est recommandé de prévoir 0.75 mètre entre le dessus de la digue et le niveau d'eau normal de l'étang, afin d'assurer la stabilité de la digue.
En plus du système de contrôle, un dévervoir secondaire permettra au surplus d'eau d'être évacué lors des crues printanières ou de pluies abondantes.
Pour tout aménagement d'ouvrages hydrauliques, il est recommandé de faire vérifier ou approuver le concept proposé par un ingénieur spécialisé dans le domaine.

8. Problématique des castors
Si les castors tentent de bloquer l'évacuation de l'eau de votre étang, il est possible de prévoir une installation permettant de maintenir un niveau d'eau stable malgré la présence de ces animaux.
(Ouvrage de référence : Guide d'aménagement et de gestion du territoire utilisé par le castor au Québec, Fondation de la faune du
Québec 2001)
9. Permis nécessaire
Avant tout projet, informez-vous de l’obligation d'obtenir des permis auprès de la municipalité, la MRC, la CPTAQ (Commission pour la protection du territoire agricole au Québec) et le Ministère de l’Environnement du Québec.
Certains règlements, lois ou normes régissent ces ouvrages et doivent être respectés.
10. L’ajout de végétation et de nichoirs
Il demeure essentiel d'aménager le pourtour d'un étang, surtout s'il est situé au milieu d'un champ, car cet habitat offrira peu d'intérêt pour la faune à ses débuts.
Un milieu boisé ou un cours d’eau à proximité favorisera la fréquentation de nombreuses espèces.
Une bande de 10 à 15 mètres devrait être conservée en bordure de l'étang. Afin d’y limiter la croissance des mauvaises herbes, un mélange de graminées et de légumineuses pouvant contenir de l’avoine, de l’orge, du blé, de l’alpiste roseau (phalaris) ou du trèfle peut être ensemencé. La sauvagine et d'autres espèces utiliseront cette végétation comme abri et aire de nidification.
L'ajout de nichoirs favorisera encore plus la nidification des oiseaux. De plus, des billots, des branches et des tas de roches agencés à proximité de l'eau pourront servir d'abri et de zone de repos aux amphibiens et reptiles.
La plantation d'arbustes comme le cornouiller, la viorne trilobée, le cerisier de Virginie, les sureaux et les spirées autour de l'étang attireront les oiseaux chanteurs et les petits mammifères. L'installation d'un brise-vent protégera le site en adoucissant le climat et en assurant un bon étalement de la neige durant l'hiver. Le brise-vent doit épouser à la fois la forme du terrain et celle de l’étang.
Idéalement il sera installé à une distance de 10 à 30 mètres de celui-ci.
La diversité du couvert végétal conduit à une diversité faunique.
11. L’entretien de l'étang
Doit inclure :
• une inspection périodique des ouvrages de contrôle du niveau d’eau et des structures d’évacuation;
• l’aménagement de clôtures et abreuvoirs pour empêcher le bétail de se rendre à l'étang;
• la prévention de l’érosion des berges en plantant de la végétation ou en remplaçant le gravier et les roches.
Cette publication est de Canards Illimités et vous invite à aménager un lieu convoité pour la faune tout en offrant un habitat de qualité aux utilisateurs. Au fil des ans, vous pourrez ainsi bénéficier de nombreuses heures d'observation, améliorer votre environnement et participer à la mission de conservation de CI qui vise à : «Conserver les milieux humides et les habitats qui s'y rattachent au bénéfice de la sauvagine et promouvoir un environnement sain pour la faune et les humains »
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